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Imaginé il y a 40 ans et autorisé en 2001 malgré l’opposition des habitants, le projet visait initialement à éviter les embouteillages estivaux aux abords de Beynac, en contournant le village. Depuis 2017, les bouchons ont cependant disparu grâce à l’élargissement de la chaussée, financé par la municipalité.
Suite à ces évolutions, le Conseil général del’environnement et du développement durable (CGEDD), sollicité par Nicolas Hulot, a d’ailleurs jugé nécessaire de réévaluer la pertinence du projet de déviation en septembre 2017.
Mais le président du département, Germinal Peiro, a poursuivi aveuglément, et contre l’avis des habitants et de la mairie de Beynac, la réalisation du projet, avant que le Conseil d’État ordonne la supension des travaux, puis le Tribunal administratif de Bordeaux leur annulation, le 9 avril 2019, et la remise en état du site.

Un projet inutile

En 2017, la municipalité de Beynac a procédé à des travaux d’élargissement de la chaussée départementale et à la sécurisation du cheminement piétonnier. Cet investissement de 3 millions d’euros a permis de fluidifier la circulation, annulant ainsi la raison d’être du projet de déviation.

Logiquement, le Conseil général de l’environnement et du Développement durable le préfet de région Nouvelle-Aquitaine ainsi que le Ministère de la culture ont jugé nécessaire de réévaluer la pertinence de la déviation. Des appels restés sans réponse de la part du président du Département, Germinal Peiro.

Vue de Beynac et Fayrac
Le village de Beynac, et le château de Fayrac sur la gauche, vus du château de Castelnaud.
Les véhicules sont représentés à l’échelle exacte.


Dans son arrêt du 29 décembre 2018 : la Conseil d’Etat a jugé : « il ressort également des pièces des dossiers soumis au juge des référés que le bénéfice attendu de cette déviation apparaît limité en l’état de ce dossier eu égard, d’une part, à la circonstance que l’accroissement de la circulation automobile à Beynac pendant la période estivale est essentiellement dû au nombre important de touristes qui se rendent dans cette commune pour la visiter, d’autre part, aux travaux déjà réalisés par cette commune, qui ont permis de réduire l’encombrement de la route qui la traverse grâce à un élargissement de la voie existante rendu notamment possible par la mise en place d’un contournement pour les piétons ».

La rivière sauvage, le vieux pont de pierre et au loin le château de Beynac. Si le projet aboutit, il ne restera plus que le béton, le métal et les poids-lourds.

Un projet coûteux

Le département a prévu de dépenser 32 millions d’euros dans les travaux de déviation. C’est à dire. 9 millions d’euros le kilomètre du projet de déviation, soit le même coût que pour une autoroute !
Un budget amené à doubler : de nombreuses dépenses supplémentaires comme les achats de terrain ou les travaux d’abattage n’ont pas été prises en compte. Ces investissements considérables compromettent la réalisation d’autres projets de la collectivité, alors que l’état général des routes est catastrophique et que la Dordogne, avec 427 millions d’euros de dette, est le 4ème département le plus endetté de France.

Un projet dangereux pour l’environnement

Les travaux de bétonnage, de forage et de déboisage débutés en septembre 2018 se déroulent au sein d’un écosystème hypersensible et classé à plusieurs titres.
« Ces travaux injustifiés représentent un saut vers l’inconnu et peuvent perturber l’équilibre biologique du site : la Dordogne pourrait ainsi perdre le statut de Réserve de Biosphère accordé par l’UNESCO », indique Bernard Bousquet, écologue. « Nous savons déjà qu’une galerie forestière classée Natura 2000 ainsi que 15 à 20 hectares de terres fertiles vont disparaître. »

château de Fayrac
Le château de Fayrac vu du château de Beynac.
Les véhicules sont représentés à l’échelle exacte.

Un projet désastreux pour le patrimoine architectural et culturel de la vallée

En traversant le coeur de la vallée, la nouvelle route départementale et ses ponts viendront dénaturer un paysage millénaire.
Ce sont de véritables verrues en béton qui apparaîtront au sein d’un des plus beaux paysages de France. La circulation à la vue des châteaux les plus emblématiques du Périgord, classés monuments historiques (Castelnaud, Beynac, Fayrac, Marqueyssac, les Milandes, Monrecour), viendra gâcher des perspectives uniques qui font venir chaque année des millions de visiteurs.

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